https://www.sida-info-service.org
faire un don
QUESTIONS FRÉQUENTES
AGIR APRÈS UN RISQUE

C’est la rentrée ! Bientôt un test VIH ?
  •  
  •  
  •  

A visiter

Appelez-nous

Service

Forum

Multimédia

Pratique

Présidentielle 2012

Nicolas Sarkozy répond à SIS Association

Candidat de l’UMP
30/03/2012
Version imprimable de cet article Diminuer la police Augmenter la police

Comment améliorer les connaissances relatives aux modes de transmission du virus du sida ? Comment faire pour valoriser le patient comme acteur de sa santé ? Etes-vous prêt à sanctuariser le financement consacré à la lutte contre le sida ? Comment comptez-vous lutter contre les discriminations homophobes ? SIS Association a posé ces quatre questions aux candidats à l’élection présidentielle. Nous publions les réponses de celles et ceux qui ont accepté de nous répondre.

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP

***

« Le VIH/sida reste une priorité de santé publique pour la France. »

SIS : Une étude de l’Observatoire régional de santé Ile-de-France pointe le recul des connaissances sur la transmission du VIH/sida. 21 % des Franciliens pensent à tort que le sida peut se transmettre par une piqûre de moustique et 13 % qu’il peut se transmettre dans les toilettes publiques. Si vous êtes élu, comment comptez-vous améliorer les connaissances relatives aux modes de transmission du virus du sida ?

Nicolas Sarkozy : Trente ans après la découverte de la maladie, la lutte contre le sida reste plus que jamais une priorité. Même s’il y a des signes encourageants dans l’évolution de la situation, le combat est loin d’être terminé, qu’il s’agisse de prévention, de soins, de prise en charge sociale, de lutte contre les discriminations, ou de recherche. Et si l’espérance de vie des personnes atteintes a augmenté et qu’on parle maintenant de maladie chronique, le sida reste une maladie grave contre laquelle il faut rester mobilisé.

Dans une épidémie comme celle du VIH/sida, l’information sur la transmission du virus est capitale. En France, nous avons 7 000 nouvelles contaminations par an, c’est beaucoup trop. Il faut absolument endiguer ces nouvelles contaminations, ce doit être notre priorité. Trop de personnes ignorent leur séropositivité, il faut là aussi changer cette situation.

Le plan national de lutte contre le VIH-sida et les infections sexuellement transmissibles pour 2010-2014 lancé par Roselyne Bachelot, comporte trois actions prioritaires :

- l’incitation au dépistage général, notamment grâce au dépistage rapide ;

- l’intensification du dépistage ciblé sur les populations à risque ;

- la réorganisation du dépistage pour le rendre plus lisible et plus efficient.

Sans information sur ces mesures, elles seront inefficaces. Je souhaite donc qu’on puisse démultiplier les sources de communication, qu’on utilise notamment Internet et les réseaux sociaux pour notamment toucher les jeunes qui découvrent la sexualité. Il faut travailler sur l’accompagnement des femmes, qui sont particulièrement touchées lors de rapports non protégés, notamment celles en situation de vulnérabilité. Il faut évidemment considérer la situation des homosexuels qui représentent encore un nombre important des diagnostics de séropositivité. Enfin, il ne faut pas négliger qu’une partie importante des patients contaminés sont des migrants. Pour eux, les programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins ou les programmes régionaux d’intégration des populations immigrées, et toutes les associations, doivent être des lieux de dépistage, d’information, de prévention pour endiguer la contamination.

Je rappelle qu’un patient dépisté tôt et traité rapidement a d’excellentes chances de vivre longtemps, sans jamais développer les complications du sida. L’information et le dépistage sont donc essentiels.

SIS : La rationalisation des coûts de la santé et la réorganisation des services hospitaliers notamment imposent aux patients une vigilance et un savoir accrus pour pouvoir accéder à une prise en charge efficiente. Si vous êtes élu, comment comptez-vous valoriser le patient comme acteur de sa santé ?

Nicolas Sarkozy : Le patient est évidemment au cœur de la politique de santé. Nous avons introduit dans la loi Hôpital patients santé et territoires, la présence des patients notamment dans les conseils de surveillance des hôpitaux, ainsi que la notion de démocratie sanitaire avec la mise en place des conférences régionales de santé. Celle d’Ile-de-France, par exemple, est présidée par un patient.

Les patients doivent être écoutés, participer aux choix, aux décisions. Le VIH/sida est devenu, grâce à la recherche et aux nouveaux traitements, une maladie chronique. Cela change le rapport à la maladie, à la prise en charge. Lorsque les patients sont habitués à des parcours de santé stables depuis des années, il faut les préserver. La confiance entre les professionnels et les patients passe par une certaine stabilité. Les restructurations hospitalières doivent prendre en considération les attentes des patients.

En même temps, les prises en charge doivent être efficientes, ce qui ne veut pas dire qu’on met moins d’argent, mais l’investissement doit être juste et apporter le maximum de bénéfice aux patients.

L’éducation thérapeutique est aussi quelque chose de très important, cela permet au patient de comprendre sa maladie, de gérer les traitements, les effets indésirables, cela doit l’aider dans sa vie quotidienne. Je souhaite l’encourager et permettre la diffusion des retours d’expérience de patients pour aider les autres.

SIS : L’homophobie peut entraîner pour celles et ceux qui en sont victimes, mésestime de soi, prise de risque VIH, tentations suicidaires. Si vous êtes élu, comment lutterez-vous contre ce type de discrimination ?

Nicolas Sarkozy : J’ai toujours lutté contre toutes les formes de discrimination. J’ai en horreur l’homophobie. Il faut être impitoyable avec ceux qui tiennent des propos homophobes ou qui véhiculent l’homophobie.

Dès 2002, notre majorité a contribué à lutter contre les discriminations notamment pour les homosexuels. Nous avons aggravé les peines pour les crimes et délits à caractère homophobe. Nous avons garanti par le PACS l’égalité fiscale entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels pour l’impôt sur le revenu.

Avec la loi « TEPA » du 21 août 2007, nous avons exonéré de droits de mutation par décès, le partenaire lié au défunt par un pacte civil de solidarité, comme c’est le cas pour les couples mariés. Nous avons aligné le régime applicable aux transmissions avant le décès entre époux aux partenaires liés par un PACS.

En matière de discriminations, celles contre les homosexuels comme toutes les autres, il ne faut jamais baisser la garde et toujours lutter. Cette lutte, nous devons continuer à la mener en France. Nous avons lancé une grande campagne « l’homophobie, savoir et réagir » précisément pour renforcer la vigilance de tous contre ces discriminations.

Mais il faut le faire aussi sur la scène internationale. Il y a encore 80 pays dans le monde qui condamnent l’homosexualité, 7 qui la punissent de la peine de mort. C’est abominable. C’est un combat que je veux continuer à mener pour obtenir le vote d’une résolution de l’ONU en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

SIS : Information, prévention, prise en charge des malades, acceptation des personnes séropositives… La lutte contre le VIH/sida nécessite un effort constant de la communauté nationale. Si vous êtes élu, comptez-vous sanctuariser le financement consacré à la lutte contre le VIH/sida ?

Nicolas Sarkozy : Chaque année, la France consacre plusieurs centaines de millions d’euros pour la lutte contre le VIH/sida, pour la prévention via l’INPES ou les ARS, pour la recherche, via l’ANRS, ou encore à l’international. Je rappelle que la France a augmenté de 20 % sa dotation au Fonds Mondial de Lutte contre le sida pour atteindre 360 M€. Le VIH/sida reste une priorité de santé publique pour la France. L’infection à VIH est classée comme affection de longue durée (ALD) avec une prise en charge à 100 %. Il ne faut rien changer à tout cela.

Dossier préparé par Alain Miguet pour Sida Info Service

 
Partager cet article envoyer l'article par mail Partager sur facebook