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Questions à…

Patrick Gaildry, président d’Hémisph’Erik

24/04/2009
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"On entre en tant que spectateur, puis on devient acteur"

Sida Info Service (SIS) : Hémisph’Erik n’est pas une association mais un GEM. Quelles sont les caractéristiques de cette structure ?

Patrick Gaildry (PG) : Les groupes d’entraide mutuelle sont nés d’une loi de février 2005 pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, une loi qui reconnaît pour la première fois la spécificité du handicap psychique. A l’origine, Hémisph’Erik était une association et nous ne pensions pas rentrer dans ce cadre. Mais les personnes séropositives au VIH peuvent avoir des problèmes psychiques : apprendre sa séropositivité, se sentir complètement isolé de sa famille ou de son travail… Parfois la prise de médicaments antirétroviraux peut aussi provoquer des troubles. Nous avons finalement déposé un dossier et la reconnaissance s’est faite en décembre 2008. La France compte actuellement entre 300 et 350 GEM mais Hémisph’Erik est le seul a avoir un polyhandicap VIH et psychique. Pour fonctionner, nous recevons une subvention de la DDASS.

SIS : Pourquoi avoir choisi ce nom d’Hémisph’Erik ?

PG : L’histoire est très simple. En 1993, mon jeune frère séropositif se faisait traiter depuis déjà quelque temps et il avait une vie en or. Il était bien entouré, n’avait pas de souci avec notre famille. Quand il se rendait à l’hôpital, il constatait en revanche que de nombreux jeunes étaient à la rue, complètement désoeuvrés, parce qu’ils avaient perdu leur travail, parce que leur famille les rejetait, etc. Il s’est dit qu’il fallait faire quelque chose pour eux et il a créé une association. Le virus étant circulaire donc hémisphérique, il y a accolé son prénom.

SIS : A qui ça s’adresse ?

PG : Hémisph’Erik s’adresse soit aux personnes séropositives au VIH souffrant de troubles psychiques et qui peuvent se déplacer, soit aux personnes séropositives qui vont bien et qui travaillent, soit aux personnes séronégatives ayant des troubles psychiques. Nous ne voulons surtout pas apparaître comme un ghetto donc VIH+ et VIH- sont accueillis sans distinction. La moyenne d’âge est d’environ 40 ans avec malgré tout la présence de quelques jeunes qui trouvent leur place. En 1993, quand Hémisph’Erik est né dans sa version associative, nous comptions une cinquantaine d’adhérents dont beaucoup sont décédés aujourd’hui. A l’heure actuelle, une quinzaine d’adhérents sont à jour de leur cotisation sans compter les cinq ou six personnes qui passent quotidiennement.

SIS : Vous souhaitez, je crois, que les personnes s’impliquent dans Hémisph’Erik…

PG : On entre en tant que spectateur, puis on devient en effet acteur. Les gens viennent d’abord tâter le terrain, prendre un verre, puis nous souhaitons que ces spectateurs deviennent partie prenante dans la création et l’organisation des activités. Ils doivent prendre le pouvoir en quelque sorte, le pouvoir de créer ces activités, les gérer et les animer. Ils ne doivent pas seulement rester des consommateurs.

SIS : Quelles sont les activités actuellement disponibles ?

PG : Notre local situé à Vanves est un loft d’artiste avec au rez-de-chaussée un grand espace pour ceux qui veulent se réunir et discuter. Les activités sont multiples avec une partie assez classique comme des cours de peinture. Actuellement certains travaillent sur l’idée de créer un site Internet Hémisph’Erik, d’autres envisagent de lancer un petit journal destiné à être diffusé auprès de tous les GEM de France. Le coin bar a été baptisé Cappuccino car les adhérents ont trouvé un petit appareil qui s’illumine et qui s’appelle cappuccino. Au premier étage, un coin bibliothèque propose de nombreux livres et une tonne de jeux de société. J’attends la livraison d’une dizaine de vélos pour organiser des randonnées car notre situation géographique au pied de la gare de Vanves nous permet d’accéder facilement à la forêt de Rambouillet. Nous allons aussi avoir trois ordinateurs raccordés à Internet.

SIS : Qui compose l’encadrement ?

PG : Deux animatrices à temps plein reçoivent les personnes et les aident dans leur démarche de construction de projets et de formalités administratives. Elles n’ont aucun rôle d’autorité, elles accompagnent seulement les projets. Ces animatrices ne sont pas psychologues ou psychiatres. A terme elles seront remplacées par les adhérents qui se seront portés volontaires pour prendre en charge l’animation. Ces animatrices sont informées de cet objectif.

SIS : Quels sont vos projets pour Hémisph’Erik ?

PG : Eh bien je n’ai pas de projet défini car encore une fois ce sont les adhérents qui décideront ! Nous organisons régulièrement des réunions pour parler de telle ou telle idée. On déballe tout ! Moi, j’apporte seulement l’aide financière et matérielle pour concrétiser ces idées.

Interview réalisée par Alain Miguet pour Sida Info Service

Hémisph’Erik

34, rue René Coche

92170 Vanves

Tél. : 09 53 49 91 60

Courriel : Hémisph’Erik

Le Blog d’Hemisph’Erik

 
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