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En quoi consiste un piercing ?
Le piercing se définit comme une pratique de modification corporelle, à visée esthétique, qui nécessite de transpercer la peau ou les muqueuses à l’aide d’aiguilles ou de cathéters, afin d’y mettre en place de façon durable un objet (généralement appelé bijou et de nature métallique).
Cette effraction constitue une porte d’entrée potentielle pour des agents infectieux, au moment de la réalisation du geste mais également dans la période de cicatrisation qui s’ensuit.
Dans quelles conditions le piercing sera-t-il fait ?
Avant l’acte lui-même, le client peut faire une visite du studio pour se rendre compte des conditions de travail du perceur. La salle de travail doit être séparée, au moins par une cloison, de la salle d’attente ou de la pièce d’accueil.
La salle de piercing doit elle-même comprendre plusieurs zones :
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une zone "infectée" comportant les bacs de désinfection, les collecteurs d’aiguilles et les poubelles,
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une zone où se trouvent les éviers et où resteront les accompagnants,
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la zone de piercing proprement dite comportant le fauteuil du client (désinfection entre chaque client), les surfaces de travail et le stock d’instruments,
- une zone stérile où on déballe et prépare les instruments pour le geste du piercing.
Comment savoir si le perceur est un vrai professionnel ?
Le perceur doit interroger le client sur :
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d’éventuels problèmes médicaux : recherche d’allergie (iode, antiseptique, métaux, latex),
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de prise de médicaments (traitements antérieurs et en cours, notamment les anti-inflammatoires AINS),
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antécédents d’intervention chirurgicale, de diabète, de maladie de peau chronique, etc.
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d’éventuelles contre-indications :
- maladies chroniques qui affectent les défenses immunitaires de l’organisme (cancers, certaines maladies du sang, du diabète, sida ou certaines maladies génétiques).
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utilisation prolongée de certains médicaments pouvant également entraîner une baisse des capacités de défense de l’organisme. Les principaux médicaments concernés sont les corticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui sont très fréquemment prescrits.
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maladies chroniques de la peau, parmi lesquelles l’eczéma est la plus fréquente, qui fragilisent le revêtement cutané et doivent poser la question de l’opportunité d’un piercing
Le perceur doit :
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utiliser du matériel à usage unique, y compris les bijoux, surtout les bijoux de pose chaque fois que ce matériel existe (pré-emballage avec mention stérile par le fabricant),
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nettoyer et désinfecter après chaque acte tous les matériels et stériliser tous les matériels si le matériel est stérilisable,
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se laver les mains très soigneusement (lavage "médical") avant et après chaque acte,
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porter des gants à usage unique,
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être vacciné contre l’hépatite B,
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désinfecter la peau et les muqueuses des clients.
Le piercing doit être réalisé en conditions stériles :
- lavage des mains,
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asepsie de la peau,
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gants stériles,
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piercing et mise en place de l’objet,
- nettoyage de la zone et soins.
L’application de crème anesthésiante, type EMLA®, n’est pas recommandée car elle contient de la Lidocaïne. De plus, elle ne peut être prescrite et appliquée que par un médecin, après qu’il se soit enquis d’une allergie possible aux anesthésiques locaux (risque de choc anaphylactique). Normalement, quand un médecin applique d’une manière ou d’une autre de la Lidocaïne, il doit disposer de matériel de réanimation (et notamment d’Adrénaline au réfrigérateur). Les perceurs ne peuvent donc tout simplement pas en prescrire ou en appliquer.
Et si je suis mineur ?
Les parents (ou responsables légaux) doivent accompagner le mineur chez le pierceur et signer une autorisation écrite. Si des complications surviennent, le perceur peut être poursuivi pour "mauvais traitement à mineur". Le pierceur doit expliquer aux parents (ou responsables légaux) ce qu’un piercing implique, et ce sont eux qui décident si leur enfant est capable de s’occuper correctement de son piercing.
Le consentement écrit devient également la règle pour tout acte de piercing, y compris sur des majeurs.
Quelle est la règlementation pour le piercing ?
Il n’existe à l’heure actuelle aucune règlementation officielle de la profession, mais on trouve un certain nombre de textes et de recommandations concernant la pratique professionnelle.
Le SNAT (Syndicat national des artistes tatoueurs) propose une charte d’hygiène très stricte et précise pour les tatoueurs. Ce texte s’applique également au piercing en ce qui concerne les conditions d’hygiène. Le principal texte "officiel" est un "Guide de recommandations pour la prévention des maladies infectieuses, à l’usage des professionnels" édité en 2000 par le CSHPF, dont on peut trouver un résumé sur le site http://tatouagedoc.net/hygiene6.htm. Ce texte a fait l’objet d’une diffusion moins large auprès des professionnels que la charte du SNAT.
Une règlementation éditée par le ministère de la Santé devrait entrer en vigueur au cours de l’année 2006.
Sources et Liens Internet pour en savoir plus :
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