> Se protéger > Lors d'un tatouage



Les soins sont essentiels non seulement pour limiter au maximum les risques d’infection mais aussi pour que le tatouage conserve la meilleure qualité possible.

Le tatoueur doit remettre au client un document écrit sur lequel sont donnés des conseils en matière de soins et d’hygiène.

Premières heures après le tatouage

Après avoir nettoyé la plaie avec une solution antiseptique, par exemple à base de polyvidone iodée à 10 % (BETADINE®), le tatoueur applique une crème cicatrisante (type Bépanthène®, Biafine®, Homéoplasmine®, Cicatryl®, etc.) sur laquelle il pose un pansement (le plus souvent compresses ou gaze et sparadrap). Une durée d’utilisation des antiseptiques de 7 jours peut être recommandée.

Certains tatoueurs utilisent un film plastique pour protéger le tatouage : cette technique a essentiellement cours dans les conventions (manifestations publiques types salons), le but étant de montrer le nouveau tatouage dans les heures suivant sa réalisation, mais elle s’est relativement généralisée.

Le plus souvent, on recommande de garder ce premier pansement 2 à 6 heures, l’objectif étant que les saignements cessent définitivement. En règle générale, on ôte ce pansement pour en mettre un nouveau pour la nuit, afin de prévenir tout rejet d’encre et de liquides, si minime soit-il. Après les premières heures, le pansement, qui peut être un peu “collé”, est retiré délicatement. On peut l’imbiber préalablement d’un peu d’eau tiède. Le tatouage est alors nettoyé, sans frotter, à l’eau tiède et au savon, de préférence antiseptique, ou avec une solution antiseptique. On utilisera par exemple de la BISEPTINE®, dont la texture est adaptée et qui existe sous forme de spray très pratique à utiliser même dans les zones difficilement accessibles (épaule par exemple). La crème cicatrisante doit être appliquée sur la peau propre et sèche (pour sécher, tamponner doucement avec un linge propre et doux). Le nouveau pansement peut alors être posé.

Premiers jours après le tatouage

La première nuit passée, on ôte le pansement, qui ne sera généralement pas renouvelé afin de laisser respirer le tatouage. Toutefois, dans certains cas, et en fonction des recommandations du tatoueur, de la partie du corps encrée et des activités du tatoué (travaux salissants, exposition au soleil...), un pansement adapté pourra être posé durant la journée.

La crème est ensuite appliquée en couche assez fine : on pensera notamment aux vêtements que l’on préfèrera amples et en coton (bannissez la laine, le Nylon et autre acrylique !). Lorsque c’est possible, on laissera la partie tatouée à l’air libre. Le temps que les croûtes apparaissent puis disparaissent (10 à 15 jours), la crème est appliquée 2 à 4 fois par jour, de façon à ce que le tatouage ne soit jamais “sec”. Toujours avec les mains préalablement lavées.

Hygiène et précautions

Les bains, la piscine, la mer sont à proscrire pendant la durée de la cicatrisation (minimum 15 jours).

Avant une douche, pour éviter de mouiller la partie tatouée, on peut enduire de crème (2/3 millimètres d’épaisseur) la peau et éviter de diriger le jet d’eau dessus. Sur ce point, on pourra suivre l’avis et les conseils du tatoueur. Inutile cependant de se dispenser de laver le tatouage pendant la cicatrisation : il ne faut pas oublier que l’hygiène de la partie tatouée est également importante pour une bonne cicatrisation. Laisser la “plaie” plusieurs jours sans aucun nettoyage n’est pas la meilleure solution. On peut sans problème nettoyer rapidement le tatouage avec un savon classique (PH neutre) ou un savon antiseptique, bien sécher (tapoter) avec une serviette parfaitement propre évidemment, et terminer par l’application de la crème conseillée par le tatoueur.

Bannir également le soleil et les UV en institut pendant au moins un mois. Enfin, on évitera autant que possible la poussière et le contact avec les mains, qu’il s’agisse des siennes ou de celles des autres !

Les démangeaisons sont vécues par la plupart des tatoués, elles font partie du processus de cicatrisation. Bien que la tentation soit très grande, il ne faut absolument pas gratter, ni frotter. Les peaux mortes doivent tomber d’elles-mêmes pour éviter toute cicatrice en travers de la pièce tatouée. Pour atténuer les démangeaisons, on pourra essayer de tamponner délicatement la partie tatouée avec un linge humidifié à l’eau froide...

Il est normal d’observer une réaction inflammatoire (rougeur et parfois gonflement) dans les jours qui suivent la réalisation du tatouage. Toutefois ces symptômes doivent disparaître en moins d’une semaine.

Délai moyen de cicatrisation : 2 semaines

La cicatrisation définitive va ensuite être obtenue dans des délais qui varient en fonction notamment :

  • de la localisation du tatouage,
  • de l’état général et des antécédents médicaux de la personne,
  • de la qualité du geste du tatoueur.

La persistance au-delà de ce délai d’une semaine ou l’accentuation des symptômes, l’association d’au moins 3 symptômes parmi les suivants marquent la présence d’une infection :

  • l’érythème (rougeur),
  • l’oedème (gonflement),
  • la douleur,
  • l’augmentation de la chaleur locale,
  • la fièvre,
  • un écoulement purulent ou nauséabond.

Ces signes doivent être mentionnés à chaque client, au préalable, comme déterminant une infection et nécessitant la consultation d’un médecin. Aucun traitement médicamenteux, même lorsqu’il s’agit de topiques locaux en vente libre (pommade antibiotique ou corticoïde), ne doit être préconisé par le tatoueur.

Le CSHPF recommande l’application d’une solution antiseptique (par exemple : BISEPTINE®) avec une compresse pendant les premiers jours : il faut toutefois rester prudent sur les éventuelles réactions et/ou irritations liées à une utilisation prolongée. Il faut éviter de changer plusieurs fois d’antiseptique et là encore, le recours à un médecin peut être utile.