| La lymphogranulomatose vénérienne est une IST, décrite en 1913 par monsieur Nicolas et monsieur Favre (d’où le nom de « Maladie de Nicolas Favre »), due à une bactérie à développement intracellulaire, Chlamydia Trachomatis, par ailleurs responsable de nombreuse infections génitales. En fait, elle est due aux sérotypes L1, L2, L3 de Chlamydia Trachomatis (l’épidémie hollandaise semble due à un sérotype L2).
Cette bactérie occasionne de nombreuses autres infections, génitales (urétrites chez l’homme, cervicites chez la femme) à l’origine de complications parfois graves (stérilités tubaires, infections génitales hautes et grossesses extra-utérines chez la femme, orchi-épididymites chez l’homme), et oculaires (trachome, à l’origine d’opacifications de la cornée conduisant à la cécité). Les autres complications peuvent être générales (péri-hépatites, infections articulaires, etc.). Les infections à Chlamydia sont très fréquentes, mais dues à d’autres sérotypes. Elles n’ont pas de lien particulier avec la lymphogranulomatose vénérienne.
La lymphogranulomatose vénérienne était considérée jusqu’à ce jour comme une maladie tropicale, présente essentiellement en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie du Sud-Est (ainsi que dans les grands ports internationaux, et l’émergence actuelle à Rotterdam, qui est le plus grand port européen, n’est certainement pas hasardeuse). En France, on retrouve une compilation de 27 cas diagnostiqués au dispensaire anti-vénérien de l’hôpital St-Louis, publiée en 1989, dans laquelle les malades étaient originaires de ces régions du globe. Pas de caractère épidémique dans cette série.
En 2004, l’ INVS s’est faite le relais d’une alerte sanitaire émanant de Rotterdam, concernant une micro-épidémie de Lymphogranulomatose vénérienne ou Maladie de Nicolas-Favre.
"En avril 2003, deux hommes homosexuels infectés par le VIH se sont présentés au dispensaire anti-vénérien de Rotterdam avec une proctite (infection anale) hémorragique aiguë. Le laboratoire a mis en évidence une infection anale à Chlamydia Trachomatis de sérotype L2. La recherche des partenaires sexuels a permis de diagnostiquer 11 autres cas de lymphogranulomatose vénérienne. 11 des 13 patients atteints étaient infectés par le VIH. La plupart d’entre eux rapportaient des émissions muqueuses ou purulentes, une constipation, des pertes sanguines.
Il semble donc qu’il y ait émergence de cette maladie, dont le caractère ulcérant favorise la transmission du VIH, des autres IST et maladies transmissibles par le sang. Très récemment, un des patients a été infecté par le VHC, sans autre porte d’entrée que sexuelle.
Chez tous ces patients, la notion de pénétration anale insertive et réceptive a été rapportée, outre la pratique du fist-fucking chez beaucoup d’entre eux. En raison de l’anonymat de nombreux partenaires, il n’a pas été possible de détecter d’autres cas pour l’instant. Des contacts sexuels ont été rapportés avec des partenaires originaires d’Allemagne, de Belgique, du Royaume-Uni et de France."
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