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Questions à Philippe Lamoureux, directeur général de l’Institut national de prevention et d'éducation pour la santé (iNPES)

Sida Info Service (SIS) : Quels sont les priorités définies par l’INPES en matière de politique de prévention ?

Philippe Lamoureux (P. L.) : Les politiques de prévention sont confrontées de plus en plus à quatre enjeux majeurs. Le premier concerne la réduction des inégalités de santé. Le deuxième touche au développement de la prévention dans les milieux que sont principalement l’école, l’entreprise et bien entendu les lieux de soins. Le troisième, ce sont les problèmes d’études, de recherches, de formation et d’évaluation de l’éducation pour la santé. C’est un petit peu aujourd’hui le parent pauvre de ces politiques. Le dernier aspect c’est la proximité, un aspect très important en matière de sida. Une des pistes de réflexion que nous avons, c’est cette nécessité d’individualiser la prévention. Il faut créer une relation de proximité.

SIS : L’INPES a engagé une réflexion sur la téléphonie santé.

P. L. : L’INPES a commandité cette année un audit de la téléphonie santé et un rapport a été produit sur le mode bilan / propositions. Bien entendu, toutes les lignes, notamment Sida Info Service, ont été très étroitement associées à cette réflexion. Le rapport présente un certain nombre de pistes de réflexion pour améliorer le fonctionnement de la téléphonie santé. On en discutera avec les principales lignes et on essayera de voir si tout le monde est d’accord pour mettre en œuvre les recommandations qui nous sont proposées.

SIS : Qu’attendez-vous plus particulièrement de Sida Info Service ?

P. L. : On attend énormément de choses et certaines vont de soi. Aujourd’hui, il existe une relation de partenariat extrêmement étroit avec Sida Info Service et ce n’est pas qu’un partenariat financier. Il s’agit avant tout d’un partenariat fonctionnel. Toutes nos campagnes, par exemple, renvoient vers la ligne Sida Info Service et, inversement, SIS aide à faire connaître le travail fait par l’Institut. Chacun s’enrichit mutuellement de ses compétences. Au-delà, je crois que Sida Info Service a un rôle essentiel à jouer dans la remobilisation conte le sida. Les politiques de prévention ont enregistré des succès ces dernières années mais il est vrai que, dans le domaine du sida, des résistances existent : relâchement des comportements préventifs dans la communauté gay, présence très importante de l’épidémie dans la population migrante et notamment chez les migrants d’Afrique subsaharienne. Il faut remobiliser la population, remobiliser les communautés concernées. Ce n’est pas seulement par des grandes campagnes nationales que nous y parviendrons. De ce point de vue, nous avons besoin plus que jamais des relais associatifs. Enfin, Sida Info Service n’est pas seulement un organisme qui fait de la téléphonie santé. C’est aussi une vigie, un observatoire. C’est vous qui êtes en première ligne, c’est vous qui êtes les premiers informés des inflexions dans les comportements, les habitudes, les représentations, les pratiques. Sida Info Service a un rôle essentiel pour alerter les pouvoirs publics lorsque des évolutions se font jour.

SIS : Que pensez-vous des nouveaux outils Internet utilisés par les services de téléphonie santé ?

P. L. : Toutes les lignes de téléphonie santé qui disposent d’un site Internet constatent un engouement pour cet outil. Toute stratégie de développement doit donc nécessairement intégrer cette dimension. Je crois qu’il faut aussi se pencher sur le fait qu’Internet est un média qui tend à se substituer au téléphone mais qui ne s’utilise pas nécessairement de la même façon. La relation qui s’établit via Internet est sensiblement différente de celle qui s’établit via le téléphone. Ca permet probablement de mettre à distance le message que l’on envoie vers la personne à laquelle on s’adresse ; de préparer, de peaufiner, de réfléchir au message adressé. Ce n’est pas tout à fait le même type de communication qui s’établit. Il y a là un immense chantier pour les années à venir.

Entretien réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service

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