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La 11ème édition des Solidays s’est terminée sur un bilan positif. 152 000 personnes ont participé ce week-end au Festival de musique organisé par Solidarité Sida sur l’hippodrome de Longchamp à l’ouest de Paris. "Si ce chiffre est en léger recul par rapport à 2008, le montant des recettes devrait être meilleur en raison d’un meilleur montage financier", a expliqué le directeur-fondateur de l’association Luc Barruet à l’issue du festival. L’argent récolté servira à financer des actions de terrain, priorité étant donnée à l’aide aux malades et aux familles, à l’accès aux traitements et aux soins, à l’accompagnement social et psychologique, à l’hébergement… Plus de 120 actions françaises et étrangères reçoivent des fonds de Solidarité Sida. Pendant trois jours, Solidays a proposé 80 concerts sur 5 scènes, Manu Chao mettant un terme à cette édition 2009. Sida Info Service a participé comme chaque année aux Solidays en proposant de l’information sur le VIH/sida par le biais d’un jeu interactif et en répondant aux questions des festivaliers. Beaucoup d’entre eux sont repartis avec sur l’épaule, le dos ou le front un tatoo que les bénévoles de l’association ont appliqué à tour de bras !
De nombreux partenaires africains de Sida Info Service étaient eux aussi présent aux Solidays comme Alternatives-Cameroun, qui a obtenu récemment le statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Alternatives-Cameroun œuvre pour l’information sur le VIH et pour l’accès aux soins et services médicaux des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (MSM) vivant avec le VIH, investigue et assure le suivi des violations des droits de l’Homme, en particulier celles fondées sur l’orientation sexuelle. Grâce à ce statut d’observateur, Altenatives-Cameroun pourra participer aux sessions publiques de la Commission, en se prononçant par exemple sur l’exécution du mandat de la Commission et sur ses activités, et en attirant l’attention de la Commission sur divers aspects relatifs aux droits de l’Homme en Afrique. Découvrez quelques moments du Festival ! Renaître à la vie Présent au Solidays, le projet Renaître à la vie , lancé en collaboration avec l’agence Magnum par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, est une exposition photos destinée à documenter l’accessibilité aux traitements à travers des individus touchés par le VIH/sida.
Vietnam © Steve McCurry / Magnum Photos Huit grands photographes se sont déplacés dans 9 pays : Inde, Haïti, Mali, Pérou, Russie, Rwanda, Afrique du Sud, Swaziland et Vietnam, et ont photographié 33 personnes et leur famille pour montrer à la fois l’espoir qu’apporte l’accès aux traitements et en même temps les difficultés de chaque personne vivant avec le VIH/sida. Le happy end dont tout le même rêve ne se produit pas toujours. "Une des personnes rencontrées à travers ce projet a vécu tellement de difficultés par rapport à son traitement qu’elle a décidé de l’arrêter, explique Paul Schumacher, du Fonds Mondial. On l’a perdue de vue et on a appris finalement qu’elle était décédée. Cet exemple prouve que la politique d’accès au traitement doit être poursuivie dans les pays du Sud mais de manière efficace en mettant en place de bons suivis et en s’attaquant au phénomène des résistances." En décembre 2008, deux millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral par le biais des de programmes soutenus par le Fonds mondial. La France est le deuxième contributeur du Fonds Mondial derrière les Etats-Unis. Un livre et un format vidéo complètent l’exposition photos qui tournent dans de nombreux pays. Présente en 2008 au Musée de l’Homme pour la Journée mondiale contre le sida, elle devrait revenir à Paris à la fin de l’année. L’action militante. L’exemple d’Act Up-Paris Dimanche, Act Up-Paris, qui fête ses 20 ans en ce mois de juin 2009, participait à un débat sur l’action militante organisé dans le cadre du Forum Solidarité Sida de Solidays. Le journaliste de TF1 Harry Roselmack a demandé à Jérôme Martin si les actions spectaculaires d’Act Up, à l’instar du faux sang jeté parfois sur les murs des ministères, n’incitaient pas les médias à relayer finalement le spectaculaire plutôt que les raisons d’une mobilisation.
La réponse de Jérôme Martin : "A Act Up, ce risque peut être amoindri car les décisions sont collectives. On travaille ensemble la forme d’action et le discours qui sera tenu avec les médias après l’action. Surtout ces actions ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans un travail de lobbying classique et un travail sur l’argumentaire. Act Up est présent dans tous les lieux de décision qui travaillent sur la prévention, les droits des personnes séropositives, l’élaboration des recommandations thérapeutiques… Act Up publie un Guide des droits sociaux, un glossaire des termes du sida… Il y a toute une expertise derrière nos actions. Alors oui nos adversaires nous reprochent ces modes d’action. Mais si en 20 ans, l’âge d’Act Up, nous nous étions rendu compte que ces actions n’étaient pas efficaces, nous ne les ferions plus. Un exemple : un séropositif ukrainien se retrouve dans un centre de rétention. Depuis 1998, la loi dit qu’il ne peut être expulsé et qu’il est régularisable. On apprend sa situation par la CIMAD. Nous téléphonons à la préfecture en question, qui nous raccroche au nez. Eh bien on se met à cinq, on appelle le bureau de la préfecture pendant une demi-journée en faxant et en bloquant le standard et la personne est libérée 10 minutes après ! Ce n’est pas nous qui choisissons les formes d’action. Elles nous sont aussi imposées par la nécessité et parfois par une urgence vitale. La désobéissance civile et le côté spectaculaire de nos actions sont aussi liés à une réflexion sur le statut des médias." La Grande Sophie aux Solidays Manu Chao, Wampas, Cocoon, Metronomy et La Grande Sophie ont mis un terme dimanche à l’édition 2009 des Solidays. Un peu plus tôt dans l’après-midi, La Grande Sophie avait participé à une conférence de presse à laquelle assistait Sida Info Service.
"Je soutiens Solidarité Sida et Solidays car leur organisation et tous ces bénévoles permettent de faire beaucoup. Ce ne sont pas des promesses, c’est du concret. Dans mes concerts, je les invite régulièrement ainsi que d’autres associations comme Dessine l’espoir, une association qui travaille avec les femmes séropositives africaines. Les lieux de concerts sont des lieux de rencontres et il est important de dire aux gens qui viennent nous voir que le sida existe toujours et qu’il faut se protéger. Il faut continuer à véhiculer cette information. Je ne me suis pas posée la question d’écrire une chanson sur le sida parce que pour mes chansons, en général, l’inspiration vient toute seule. Un jour, peut-être, je me rendrai compte qu’une chanson sur le sida arrivera naturellement de façon très fluide. Les relations qu’on peut avoir les uns aux autres étant le thème récurrent de mes chansons, j’imagine que ce que je pourrais écrire évoquera le respect dû aux malades, les malades qu’il ne faut pas mettre à l’écart." Mémoire des morts du sida Comme chaque année aux Solidays, le Le Patchwork des Noms a été déployé en hommage à tous ceux morts du sida depuis le début de l’épidémie. Cet événement a pris cette fois une connotation particulière avec les 20 ans de l’association. Son fondateur Jacques Hébert était présent aux côtés du président actuel Bruno-Pascal Chevalier, par ailleurs président de Ensemble pour une santé solidaire. Bruno-Pascal Chevalier a rappelé que "Les manifestations du Patchwork des Noms sont destinées à attirer l’attention du public sur l’épidémie, mais aussi à perpétuer la mémoire de ceux qui sont morts du sida, à combattre l’exclusion et la discrimination des personnes, à permettre aux familles le souhaitant d’affirmer la cause véritable du décès des leurs, à oeuvrer dans le sens d’une plus grande visibilité, susceptible de mobiliser et d’entraîner une prise de conscience et à créer un espace symbolique de réflexion et d’émotion devant la mort, en laissant à chacun la liberté de l’exprimer ou de l’intérioriser. C’est donc un acte hautement militant." Une nécessité qui perdure alors que deux nouveaux panneaux ont été accueillis par l’association, l’un concernant Vincent mort à l’âge de 13 ans, l’autre commémorant la mémoire de Jawad, décédé à 4 ans.
Bruno-Pascal Chevalier a tenu à accueillir sur scène Act Up-Paris, qui fête aussi ses 20 ans en 2009, et Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, mobilisées depuis 30 ans ! Dans la soirée, celles-ci ont célébré leur traditionnelle messe qui dénonce l’homophobie et rappelle les dangers du sida.
Dossier réalisé par Alain Miguet pour Sida Info Service Crédit photo : © Alain Miguet |
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