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Une trop lente inflexion
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Plus ou moins de 6000 ? Comme chaque année, les associations de lutte contre le sida sont les premières à se demander si les découvertes de séropositivité au VIH descendront au dessous des 6000 cas, se rapprocheront inexorablement du zéro. Il va encore falloir attendre. La fin du sida en France, ce n’est pas encore pour maintenant.

En 2011, 6088 personnes ont découvert leur séropositivité, selon les chiffres publiés par l’Institut national de Veille Sanitaire (INVS). On peut parler de stabilité relative après les 6282 découvertes enregistrées en 2010. En dépit, faut-il le rappeler, d’une campagne des pouvoirs publics incitant au dépistage pour identifier et inclure dans le système de soins les dizaines de milliers de personnes qui ignorent leur séropositivité (de 28 000 à 50 000 selon les études).

Cette campagne de sensibilisation, en termes quantitatifs, a pourtant porté des fruits. En effet, 5 millions deux cent mille tests de dépistage ont été réalisés en 2011, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente. Alors pourquoi une baisse des découvertes de séropositivité ?

A l’InVS, l’heure est à la prudence. « La campagne d’incitation au dépistage n’en est qu’à ses débuts » ; « La campagne est ciblée trop grand public est ne touche pas les personnes à risque ; « Trop de tests ont été faits dans des régions où le risque VIH est quasi nul »… Avant de conclure sur la pertinence de l’une ou l’autre de ces hypothèses, l’InVS demande du temps pour affiner ses analyses.

Les résultats de 2011 indiquent en tout cas avec certitude que les homosexuels masculins représentent 40 % de l’ensemble des découvertes de séropositivité (2 400) contre 58 % pour les hétérosexuels (3 500), tous sexes confondus. Les usagers de drogues restent stables à 1 % (85 cas).

Si en métropole, l’Ile-de-France et Provence Alpes Côte-d’Azur restent les régions les plus touchées, au niveau national ce sont la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique qui conservent la triste palme du classement.

Prises de risque en hausse chez les gays

En ce qui concerne les homosexuels masculins, l’enquête Presse Gays et Lesbiennes 2011 dresse un tableau inquiétant. 38 % des gays ont eu au moins une pénétration anale non protégée avec des partenaires occasionnels de statut sérologique VIH différent ou inconnu dans les 12 derniers mois précédant l’enquête. Et 11 % d’entre eux ont eu une pénétration anale non protégée régulière avec des partenaires occasionnels de statut sérologique VIH différent ou inconnu. Plus inquiétant encore, 64 % des gays qui se savent séropositifs ont eu des pénétrations anales non protégées avec des partenaires occasionnels de statut VIH différent ou inconnu dans les 12 derniers mois.

Ces constats sont à mettre en équation avec les résultats de l’étude Prévagay 2009 sur l’incidence du VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) fréquentant les lieux de convivialité gay parisiens. L’incidence du VIH y est de 3, 8 % - bien supérieure à celle estimée chez les HSH au niveau national (1 %). Or 16 % des HSH séropositifs fréquentant ces lieux de convivialité, qu’ils connaissent ou non leur situation vis-à-vis du VIH, présentent une charge virale élevée, soit plus de 10 000 copies par ml de sang. On sait qu’une charge virale élevée accroit considérablement le risque de contamination lors de relations sexuelles non protégées. Les pouvoirs publics et les associations de lutte contre le sida doivent donc redoubler d’efforts pour rappeler l’importance du préservatif comme outil de prévention et l’intérêt de se faire traiter pour réduire sa charge virale quand on est séropositif.

IST en hausse

Le préservatif est utile aussi pour éviter les infections sexuellement transmissibles (IST) comme la syphilis en augmentation chez les hommes homo-bisexuels, les gonococcies en augmentation chez les femmes et les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle et les chlamydiae, elles aussi en augmentation. Seules les lymphogranulomatoses vénériennes (LGV), qui concernent quasi uniquement les homos-bisexuels masculins, restent stables.

En cette 25ème Journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre 2012), la vigilance reste donc de mise pour arriver – comme le rappelle le mot d’ordre de l’ONUSIDA – à « Zéro nouvelle infection au VIH – Zéro discrimination – Zéro décès dû au sida ».

Alain Miguet pour Sida Info Service

- Le VIH/sida en France – Données 2011 – BEH N° 46-47 du 1er décembre 2012 (en pdf)

 
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