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Quand les clients de prostituées appellent SIS

"Une professionnelle du sexe est potentiellement associée à un très fort risque VIH"
17/03/2014
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Depuis plus de 20 ans, Sida Info Service écoute, informe, accompagne au téléphone et par Internet les personnes qui se posent des questions sur leur sexualité. Notre service ne porte pas de jugement et chacun peut aborder librement les questions qui le préoccupent. Ainsi nous avons régulièrement des clients de professionnelles du sexe. Que disent-ils ? Le point avec Christophe, écoutant référent au pôle Paris de Sida Info Service.

***

SIS : Que recouvre exactement le terme « professionnelles du sexe » ?

Christophe : Le terme « professionnelles du sexe est assez rarement utilisé sur nos lignes d’écoute. On entend plus souvent parler de « prostituées » tout simplement ou d’escorts, des personnes qui sont contactées plutôt sur Internet. On entend parler des salons de massage qui se terminent par un rapport sexuel. Parfois aussi d’établissements qui ressemblent beaucoup à des maisons closes, qui ne sont pas en France mais en Espagne comme par exemple à la Jonquera. Il y a eu pas mal de reportages dans les médias sur ce type d’établissements. Parfois aussi on entend parler de personnes qui sont à l’étranger, par exemple en Thaïlande, et qui ont affaire à des personnes qui acceptent d’avoir des rapports sexuels contre rétribution.

SIS : En général, avez-vous l’impression que les rapports sont plutôt protégés avec les professionnelles du sexe ?

Christophe : D’abord je tiens à préciser que même si nous avons au téléphone beaucoup de clients des professionnelles du sexe (on estime à un peu plus de 4000 le nombre d’appels reçus en 2013), il faut être prudent. Le phénomène prostitutionnel est beaucoup plus vaste que ces 4000 personnes.

Ce que nous entendons de ce petit échantillon qui nous contacte, c’est que globalement les rapports de pénétration (pénétration vaginale en particulier), sont très généralement protégés. Il est assez rare qu’on nous rapporte des rapports de pénétration non protégés.

Par contre du côté de la fellation, le rapport bouche-sexe est très souvent pratiqué sans préservatif. Ce qui crée du reste pas mal d’inquiétude chez les clients des prostituées qui nous appellent. En fait par rapport à cette non-utilisation du préservatif pour la fellation, on est finalement plus inquiet pour les prostituées elles-mêmes que pour leurs clients, en tous les cas pour ce qui concerne le VIH.

SIS : Parfois il arrive qu’il y ait une rupture de préservatif lors d’un rapport sexuel. Dans ce cas, quelle est l’attitude des clients par rapport aux prostituées ?

Christophe : Je serais assez tenté d’utiliser le terme de « panique », de « grande inquiétude » en tous les cas. Ne serait-ce que parce que dans l’esprit des clients, la professionnelle du sexe est une personne qui potentiellement est associée à un très fort risque VIH. Dans les faits, dans les enquêtes qui ont pu être menées, on s’aperçoit que les femmes qui se prostituent, lorsqu’elles sont porteuses du VIH, ont plutôt été contaminées lors d’usage de matériel d’injection, donc dans le cadre d’une toxicomanie.

Une représentation extrêmement inquiétante existe de la part des clients des prostituées. Lorsque le préservatif se déchire, c’est souvent comme je le disais tout à l’heure la panique, une très forte inquiétude qui prédomine. Beaucoup de questions sont alors posées à la professionnelle. Généralement ce qu’on nous rapporte c’est que la professionnelle dit que tout va bien, qu’elle est en bonne santé. En même temps, vu sa situation, c’est assez compliqué d’en dire autre chose.

Dans les établissements - les maisons closes si on peut utiliser ce terme un peu désuet - où comme en Espagne les rapports sont tarifés, on constate qu’ils sont souvent perçus comme des endroits où existe un contrôle sanitaire. Je crains que ce contrôle sanitaire qui rassure sans doute beaucoup les clients ne soit qu’une idée toute faite. Je ne suis pas sûr que ce soit la santé des prostituées ou de leurs clients qui préoccupe beaucoup les propriétaires de ce type d’établissement. C’est bien évidemment surtout une question d’argent.

SIS : Fin 2013, un texte de loi visant à punir d’une amende les clients de prostituées a été adopté à l’Assemblée nationale en première lecture. Les clients s’inquiètent-ils de cette future loi, quand vous les avez en ligne ?

Christophe : Très peu. A l’heure actuelle, ce qu’on identifie, c’est une grande solitude des personnes qui ont affaire à ces professionnelles. Grande solitude aussi dans le fait de ne pas pouvoir parler de leurs pratiques sexuelles et de leurs pratiques avec ces professionnelles. En fait très peu nous parlent de la crainte de pouvoir être poursuivis et traînés en justice du fait de leur fréquentation de ces professionnelles.

Interview réalisée par Alain Miguet pour Sida Info Service

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Ecouter l’interview audio de Christophe sur les clients de prostituées

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