Dossier : piercing, prévention et risques

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Le piercing – ou perçage corporel – consiste à percer la peau ou une muqueuse afin de pouvoir mettre en place un bijou.

Lors d'un piercing, des microbes peuvent être présents à la surface de la peau du client ou du professionnel ou sur le matériel utilisé. Des mesures d’hygiène strictes sont donc nécessaires pour réduire les risques infectieux.

Quels risques lors d'un piercing ?

Certaines complications sont possibles :

  • réactions allergiques, en particulier au métal des bijoux,
  • cicatrices inesthétiques ou douloureuses,
  • pertes de sensibilité ou au contraire hypersensibilité douloureuse.

Des risques de transmission du VHB (hépatite B) et du VHC (hépatite C) sont possibles si les conditions d’hygiène sont mauvaises (piercing ou tatouage clandestin ou au domicile du client).

Pour réduire ces risques le perceur doit :

  • se laver les mains selon un procédé rigoureux défini par la réglementation, puis se désinfecter les mains et porter des gants stériles,
  • ne pas percer une peau ou une muqueuse qui semble infectée,
  • désinfecter l’endroit qui va être percé avec un antiseptique.

Un studio de piercing doit présenter une salle technique où sont réalisés les piercings bien distincte et séparée du reste du shop. Le studio doit également comporter une salle de nettoyage et de stérilisation des matériels, sauf lorsque le perceur travaille exclusivement en matériel stérile à usage unique.

Tous les articles qui percent la peau doivent être stériles. Les aiguilles ou clous doivent être stériles et à usage unique. Tous les outils non stérilisables doivent être au minimum nettoyés et désinfectés. Les surfaces de travail entre chaque client doivent également être nettoyées et désinfectées.

Malgré une règlementation spécifique, les risques de complications infectieuses restent importants en cas d’usage des pistolets perce-oreilles et des autres appareils manuels qui ne peuvent être suffisamment nettoyés et stérilisés pour garantir un piercing sans risque.

Quelles précautions avant un piercing ?
Choisir son perceur L’exercice de la profession de perceur (ou pierceur) est soumis à des règles sanitaires, comprenant en particulier une formation obligatoire en matière d’hygiène et de salubrité ainsi que la déclaration de son activité auprès de la préfecture. Avant tout acte de piercing Le perceur doit informer, par oral et par écrit, le client des risques et précautions à prendre, ainsi que des soins à effectuer pour obtenir la meilleure cicatrisation possible. Ces informations doivent être répétées après le geste car le client n’est pas toujours en état de les entendre avant le piercing. Afin d’éviter certaines complications, le perceur doit interroger son client sur d’éventuels problèmes médicaux qui pourraient avoir des conséquences lors de l’acte ou pendant la cicatrisation :
  • allergies aux matériaux des bijoux ou aux produits utilisés pendant ou après le piercing,
  • prise de médicaments (corticoïdes, anti-inflammatoires, etc.),
  • antécédents d’intervention chirurgicaux,
  • tout ce qui peut entraîner une baisse des défenses immunitaires.
Le perceur doit aussi vérifier l’état de la peau ou de la muqueuse à l’endroit où va être effectué le piercing. Un avis médical doit être pris en cas de présence de :
  • maladies chroniques de la peau, type eczéma,
  • de lésions (boutons, plaies, suintements, croûtes, rougeur anormale, etc.),
  • d’une infection locale récente.
Quels soins après un piercing ?

Le perceur doit avoir expliqué précisément comment les soins seront pratiqués par le client. Ces soins sont différents en fonction de la nature et la localisation du piercing.

Toujours se laver les mains avant de toucher, de manipuler ou de nettoyer la zone du piercing ou le piercing lui-même. Les vêtements serrés doivent être évités lorsqu’ils exercent une pression ou une friction sur la zone du piercing car ils peuvent provoquer des infections.

Pour les piercings oraux, il faut éviter de faire des fellations, des cunnilingus ou des anulingus pendant 3 semaines au moins.

Quelle que soit sa localisation, le piercing (bijou et site) doit être nettoyé 1 à 2 fois par jour (maximum) dès le jour de la pose. Cette opération de nettoyage doit se répéter pendant 3 semaines maximum avec un antiseptique léger sans alcool jusqu’à sa cicatrisation complète.

Le premier bijou (ou bijou de pose) est toujours plus long ou plus grand (en diamètre) que le bijou définitif, en particulier pour les piercings oraux (langue, lèvres, bouche). En effet, il est normal d’observer une réaction inflammatoire (rougeur et parfois gonflement) dans les jours qui suivent la pose d’un piercing. Toutefois ces symptômes doivent disparaître en moins d’une semaine.

Il faut consulter un médecin en cas de persistance au-delà d’une semaine ou d’aggravation de 3 symptômes parmi les suivants :

  • érythème (rougeur)
  • œdème (gonflement)
  • douleur,
  • augmentation de la chaleur locale ou fièvre,
  • écoulement purulent ou nauséabond.

La cicatrisation définitive va être obtenue dans des délais extrêmement variables, selon :

  • l’état général et les antécédents médicaux de la personne,
  • la localisation du piercing,
  • la nature et la qualité du bijou, du matériel employé pour réaliser le piercing,
  • la nature du geste pratiqué.
Échanger ses bijoux de piercing

Les échanges de bijoux ne sont pas recommandés car la flore bactérienne développée sur les bijoux peut éventuellement entrainer des infections.

Si on veut échanger ses bijoux, il faut d’abord les nettoyer, tout simplement avec de l’eau de javel diluée (pas avec de la Bétadine qui n’est pas adaptée).

En cas d’échanges se faisant de manière spontanée, le minimum est encore de passer le bijou à l’alcool à 70°. Mais attention : l’alcool n’inactive pas les virus des hépatites.

Mineur & piercing

Au regard de la loi, les mineurs ne sont pas responsables de leurs actes. Ils sont sous la responsabilité de leurs parents. Selon l’article R.1311-11 du Code de la Santé publique, les parents (ou responsables légaux) doivent donc accompagner le mineur chez le perceur, signer une autorisation écrite et justifier de leur autorité légale.

L’autorisation parentale permet d’engager la responsabilité juridique mais également morale et sanitaire du responsable légal. Elle contribue à minimiser les risques et complications liés au piercing en assurant une surveillance des soins post-piercing.

Même avec autorisation parentale en bonne et due forme, les professionnels se réservent le droit de percer ou non un mineur selon le piercing demandé.

Les piercings à l'oreille sont en général pratiqués à n’importe quel âge en présence d'un parent dans des boutiques de bijoux fantaisie à l'aide d'un pistolet perce-oreille qui ne garantit pas un piercing sans risque.

Cependant, certains perceurs professionnels refusent de les faire sur des mineurs de moins de 14 ans, voire de moins de 10 ans.

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