La gonococcie, c’est quoi ?

La gonococcie (également appelée blennorragie,  gonorrhée ou encore « chaude pisse ») est une infection d’origine bactérienne. Elle provoque des brûlures et/ou un écoulement jaune par la verge, le vagin ou l'anus. Cette infection se transmet lors de rapports sexuels, bucco-génitaux, vaginaux ou anaux. Souvent, un traitement par antibiotiques permet une guérison rapide.

Transmission

La transmission de la gonococcie est très facile et peut se faire au cours de pénétrations vaginales, anales ou buccales.

Un contact sexuel sans pénétration peut suffire à une contamination.

Le nombre de personnes diagnostiquées en France pour une infection à gonocoque en 2016 a été estimé à 49 628.

Les hommes sont plus touchés que les femmes sur l’ensemble du territoire, à l’exception des DOM où l’on constate une prédominance des gonococcies chez les femmes. Les 15-24 ans sont les plus concernées par cette IST, quelle que soit la région.

(Source : Santé Publique France - Juillet 2018)

Symptômes

Il s’agit essentiellement d’urétrite, du moins dans un premier temps.Il y a donc infection et inflammation de l’urètre, mais l’infection peut être ascendante.

Chez l'homme :

L’urétrite peut être asymptomatique. Quand elle est symptomatique, elle se caractérise par :
des douleurs à la miction, à l’éjaculation
un écoulement purulent jaune-verdâtre qui survient tout au long de la journée (tache dans le slip, quand ça ne colle pas carrément).

L’infection ascendante peut toucher :
un testicule (orchite),
l’épididyme (épididymite),
la prostate (prostatite).

Chez la femme :

L’infection est le plus souvent asymptomatique (70% des cas), ou bien d’expression peu typique. Quand elle est symptomatique, elle se caractérise par :
pertes vaginales verdâtres,
parfois associées à une urétrite (avec un écoulement du méat urétral).

L’infection ascendante est à l’origine d’une endométrite (infection de l’utérus) ou d’une salpingite (inflammation des trompes), douloureuses et fébriles.

Chez l'homme et la femme :
Localisations ano-rectales : elles sont souvent asymptomatiques. On peut néanmoins retrouver un écoulement purulent anal et des douleurs à la défécation (ou de fausses envies).
L’oropharyngite gonococcique est également le plus souvent asymptomatique.
La conjonctivite est possible (manuportage)

Si l’infection n’est pas soignée il existe des risques de stérilité, surtout chez la femme.

L'incubation silencieuse dure de 2 à 7 jours.

Dépistage

Le diagnostic est généralement clinique :
aspect typique des symptômes ("lames de rasoir" en urinant),
aspect typique de l’écoulement.

Les prélèvements sont effectués de préférence le matin avant l’émission d’urine ou la toilette génito-urinaire mais se font également dans la journée :
chez l’homme avec un écouvillon de coton à partir de l’écoulement urétral ou sinon endo-urétral, ou sur le 1er jet d’urine,
chez la femme : à partir des sécrétions cervicales et par écouvillonage endo-vaginal ou auto prélèvement.

Un prélèvement pharyngé et anal associé est recommandé chez la femme et l’homme homo ou bi-sexuel mais il est exceptionnellement réalisé en dehors de certains centres spécialisés. De plus en plus, le prélèvement anal se fait par auto prélèvement.

En pratique, dans les CeGGID et centres de santé, chez les sujets asymptomatiques le diagnostic se fait :
chez l’homme : par PCR sur le 1er jet d’urine.
chez la femme : par PCR sur l’auto écouvillonnage vulvo-vaginal.

En cas de test positif, une culture devrait être pratiquée pour effectuer un antibiogramme mais cela ne se fait pas de façon systématique.

On pratique de plus en plus souvent des tests duplex (mixtes) Neisseria Gonorroeae/Chlamydia Trachomatis.

Traitement

Aujourd’hui, le traitement de la gonococcie repose principalement sur :

Ceftriaxone (ROCEPHINE) dose unique de 500 mg en Intra Musculaire. Peut également se faire en sous cutanée ou en intra veineux en cas de troubles de coagulation.

La personne est considérée comme guérie (et donc non contaminante) à la fin du traitement.

Le traitement systématique du partenaire permet d’interrompre la chaîne de transmission.

Le traitement permet la guérison complète mais ne protège pas d’une nouvelle infection.

Un traitement actif sur Chlamydiae doit être systématiquement associé au traitement de la gonococcie.