10 idées fausses sur le sida

Plus de 30 ans après l’apparition de l’épidémie, le niveau d’information sur le VIH/SIDA ne s’améliore pas auprès des Français-se-s. Chez les jeunes, il a même baissé de 10 points par rapport à 2014. Les connaissances sur les modes de transmission du VIH/SIDA sont particulièrement inquiétantes car très imprécises ou erronées. Une bonne occasion de faire le point autour de 10 idées fausses qui ont la vie dure.

1) "Le SIDA, on en guérit !"

FAUX

Même si des trithérapies performantes existent depuis 1996, on ne guérit toujours pas du SIDA. Les trithérapies permettent de "mieux vivre" avec le virus mais celui-ci reste toujours présent dans l'organisme. Une infection par le VIH s'évite en utilisant un moyen de prévention adapté à ses pratiques.
2) "Le SIDA, on n’en meurt plus !"

FAUX

Dans le monde, plus d’un million de personnes sont décédées de maladies liées au SIDA en 2015, selon le rapport de l’ONUSIDA publié en novembre 2016. En France, Les trithérapies ont fortement réduit le taux de mortalité. Cependant on compte chaque année plusieurs centaines de décès liés directement ou indirectement au VIH.
3) "Le SIDA a été créé par des laboratoires américains !"

FAUX

La souche VIH-1 (la plus répandue dans le monde) a été sourcée chez les grands singes du sud du Cameroun. Le virus aurait franchi la barrière des espèces lors de chasses, par des morsures d'un singe infecté, par des écorchures lors du dépeçage de ces animaux, ou lors de la consommation de viande de brousse.  
4) "Le premier rapport sexuel protège du SIDA !"

FAUX

C’est une contre-vérité absolue ! Avec un ou une partenaire inconnu-e, même s’il s’agit de votre premier rapport sexuel, il est important de se protéger en utilisant un préservatif masculin ou féminin.
5) "La pilule protège du SIDA !"

FAUX

La pilule est un moyen contraceptif. Elle permet d’éviter une grossesse mais ne peut rien contre la transmission du VIH dans l'organisme lors d’un rapport sexuel non protégé. Seul le préservatif masculin ou féminin - s’il ne craque pas, s’il ne glisse pas - évite 100 % des contaminations.    
6) "Le SIDA se transmet par le moustique et les WC publics !"

FAUX

Les moustiques peuvent transmettre des virus tels que le chikungunya ou la dengue, mais pas le VIH. Dans des WC publics plus ou moins propres, vous risquez d’être incommodé-e-s par de vilaines petites odeurs mais vous ne pourrez certainement pas être contaminé-e par le VIH. A moins d’avoir dans ces WC publics un rapport sexuel non protégé par un préservatif avec une personne elle-même contaminée…  
7) "Le SIDA, c'est une maladie de PD et de toxicos !"

FAUX

A l'échelle mondiale, les femmes représentent aujourd'hui la moitié de toutes les infections par le VIH. De plus, la communauté homosexuelle, particulièrement concernée par l'épidémie, a été la première à se protéger et à faire de la prévention. Il n'y a pas de "population à risque", il n'y a que des "pratiques à risques".
8) "Une personne qui a le SIDA, ça se voit !"

FAUX

Il est impossible de dire qu’une personne est contaminée rien qu’en la regardant. Ce n’est pas parce qu’elle est maigre, qu’elle a des boutons ou qu’elle a un gros ventre qu’elle est porteuse du VIH. Des personnes qui paraissent en pleine forme peuvent être séropositives. Seul un test de dépistage spécifique permet de connaitre son statut sérologique.
9) "Deux capotes, ça vaut mieux !"

FAUX

Mettre deux préservatifs est inutile voire risqué. Les frottements des préservatifs entre eux peuvent en effet entrainer une déchirure et donc un risque de contamination. Évitez également les lubrifiants de fortune (margarine, beurre, etc.). Ils sont incompatibles avec les préservatifs en latex ou en polyuréthane. Utilisez plutôt un lubrifiant vendu en pharmacie ou en grande surface avec votre préservatif si ce dernier est insuffisamment lubrifié.  
10) "On ne peut pas avoir d'enfant quand on a le SIDA !"

FAUX

Le désir d’enfant est tout à fait envisageable quand on est séropositif-ve au VIH. Il est toutefois nécessaire d’anticiper la grossesse pour pouvoir bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée et éviter le risque de contamination de l’enfant. En France métropolitaine, grâce aux traitements antirétroviraux, le taux de transmission mère-enfant du VIH-1 est passé à 0, 54 % sur la période 2005-2011 (contre 15-20 % en l’absence de traitement).