Dossier : tout savoir sur la PrEP

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La PrEP, (Prophylaxie Pré-Exposition ou Pre-Exposure Prohylaxis en anglais), est une stratégie de prévention du VIH. Elle consiste à prendre un médicament antirétroviral de manière continue ou discontinue pour éviter d'être contaminé-e par le VIH.

Elle s’adresse aux personnes qui ne sont pas infectées par le VIH, qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH. Il s'agit, en particulier, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HsH), des personnes transgenres, des usagers de drogues intraveineuses avec partage de seringues (UDIV), des travailleur-se-s du sexe exposé(e)s à des rapports sexuels non protégés, des personnes originaires de région à forte prévalence (Afrique subsaharienne, Guyane…), et des personnes ayant des partenaires sexuels multiples. Ces indications ne sont pas des critères de sélection mais servent de base à la discussion. La prescription peut être plus large pour atteindre toutes les populations à risque élevé vis-à-vis du VIH.

Toutes les études conduites en France et à l’étranger pour évaluer l’efficacité de la PrEP montrent qu’il n’y a eu aucun cas de transmission du VIH chez les personnes qui prenaient correctement leur PrEP.

La PrEP est à distinguer du TPE ou Traitement Post-Exposition qui est une trithérapie anti VIH administrée après une prise de risque. Le TPE doit être pris pendant 1 mois et doit être débuté au plus tard dans les 48 h après le risque.

Et pour les couples séro-différents ?

Si le-la partenaire séropositif-ve a une charge virale indétectable, la PrEP n’est pas utile pour l’autre partenaire séronégatif car la transmission du VIH est impossible.

C’est ce qu’on appelle le TASP (Treatment as Prevention) : le traitement antiviral efficace qui conduit à une charge virale indétectable est à lui seul un moyen de prévention très efficace dans un couple. Ni le préservatif ni la PrEP ne sont alors nécessaires.

La PrEP, quel médicament ?

Actuellement la PrEP est disponible par voie orale sous forme d'un comprimé composé deux antirétroviraux hautement actifs contre le VIH : l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil (association commercialisée sous le nom de Truvada®, mais on utilise aussi les génériques maintenant). Ces molécules sont connues pour leur efficacité et leur faible toxicité. Elles bloquent la réplication du VIH et l’empêchent, en cas d’exposition, d’infecter les cellules.

La prise est soit continue à raison d'1 comprimé par jour, soit discontinue (« à la demande ») si on a une activité sexuelle plus épisodique.

La PrEP protège du VIH mais pas des autres IST.

Une autre molécule est actuellement en cours d'évaluation, le cabotégravir, avec une phase de démarrage par voie orale pendant 1 mois puis par injection, 1 fois tous les 2 mois. La forme injectable s'avère plus efficace en particulier à cause des problèmes d'observance lorsque la PrEP est prise par voie orale.

Le cabotégravir est indiqué dans le traitement du VIH sous forme injectable avec un effet prolongé jusqu’à deux mois après chaque injection mais il n’est pas non plus encore commercialisé. Il est délivré avec une autorisation temporaire d'utilisation (ATU). Un essai est en cours utilisant ce médicament dans la PreP, ce qui permettra peut-être l’extension de l’AMM à la PrEP mais rien n’est sûr car le prix attendu de ce médicament (prix qu’on ne connait pas et qui sera fixé pays par pays après l’obtention de l’Autorisation de Mise sur le Marché) est beaucoup plus élevé que celui des médicaments génériques de Truvada.

La PrEP, effets indésirables et interactions ?
L’emtricitabine et le ténofovir disoproxil sont généralement très bien tolérés. Mais, comme la plupart des médicaments, ils peuvent occasionner dans les premières semaines des effets indésirables : nausées, diarrhées, douleurs abdominales, maux de têtes. Ces effets indésirables disparaissent rapidement. Des effets secondaires plus sérieux, comme une insuffisance rénale ou une ostéoporose sont très rares. Ces effets indésirables disparaissent avec l'arrêt du médicament. Il n'y a pas d’interaction de l’emtricitabine et du ténofovir disoproxil avec l'alcool, le poppers ou les drogues récréatives, ni avec la plupart des antidépresseurs, ni avec les contraceptifs et autres traitements hormonaux. L’emtricitabine et le ténofovir disoproxil n’ont pas d’action connue sur la libido et la performance sexuelle. Par contre il ne faut pas utiliser d’autres médicaments toxiques pour les reins et ne pas utiliser de manière prolongée les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, profénid, Voltarène …).
La PrEP et le préservatif ?
La PrEP n’est pas incompatible avec le préservatif, bien au contraire. Si la PrEP protège du VIH, seul le préservatif peut protéger des IST. Les deux sont complémentaires. Si on n’utilise pas tout le temps un préservatif, il sera indispensable de faire un bilan des IST régulièrement.
La PrEP, quelles études ? quels résultats ?

Sida Info Service est partenaire de l’étude ANRS Prévenir lancée en mai 2017et qui a permis d’évaluer l’impact du déploiement de la PrEP sur l’épidémie de VIH/Sida dans la région Ile-de-France.

Dès juillet 2018, aucun cas d’infection par le VIH n'a été observé, ni chez les personnes prenant la PrEP de manière continue ni chez celles ayant choisi le schéma de prise à la demande.

Selon le Pr Molina, coordinateur de l’étude, « ces résultats ont permis de confirmer la très bonne efficacité de la PrEP puisque l’on s’adresse à des personnes fortement exposées au risque d’infection par le VIH » (Il s’agit pour le moment essentiellement d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes).

Ces résultats ont aussi permis de confirmer la bonne tolérance de la PrEP puisqu’il n’y a eu, à ce jour, aucun arrêt de l’étude pour des raisons liées à des effets indésirables du traitement.

L' essaiIPERGAY (2019), une étude auprès d’hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HsH), a également démontré l'intérêt de la PrEP pour des HsH ayant des rapports sexuels peu fréquents (5 par mois en médiane) et avec une prise de PrEP également peu fréquente (moins de 15 comprimés par mois),

La PrEP où consulter ?

Jusqu'à mi-avril 2021, la 1ère prescription de PrEP pouvait être faite uniquement par un médecin exerçant dans un service hospitalier qui prend en charge les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ou dans un CeGIDD (centre de dépistage) hospitalier.

Le renouvellement de la prescription des ARV (antirétroviraux contre le VIH) ainsi que le suivi médical (un bilan est fait tous les 3 mois pour tester le VIH et les IST et pour s’assurer que les molécules sont bien tolérées) étaient faits par le médecin prescripteur ou par un médecin de ville dans la limite d'un an.

Depuis le 15 avril 2021 et afin de faciliter l’accès à la PrEP, tout médecin peut faire la première prescription et le renouvellement de la PrEP : en ville, en CeGIDD, en centre de santé, à l’hôpital, en établissement social ou médico-social. Les consultations de suivi peuvent être réalisées en téléconsultation en accord avec la personne et dans le cadre de la réglementation.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les réponses rapides dans le cadre de la COVID-19 ainsi que la synthèse édités par la Haute Autorité de Santé (HAS).

Sida Info Service a réalisé une carte recensant les centres de consultations PrEP. Sur la carte, cliquer sur l’icône en haut à gauche pour connaître les consultations PrEP en service hospitalier et en CeGIDD

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