Discriminations : le stigmate du VIH demeure

En France métropolitaine, moins d’un quart des personnes vivants avec le VIH (PVVIH) a moins de 40 ans et deux sur cinq ont au moins 50 ans. Face aux problématiques de vieillissement, Sida Info Service a réalisé en 2015 une enquête dont l’objectif est de mettre en évidence les spécificités du vécu avec le VIH sur le long terme et les adaptations nécessaires de notre système de soins.

Au congrès de la Société Française de Lutte contre le Sida, en octobre 2018, Sida info Service a présenté des données complémentaires sur les personnes vivant avec le VIH de 40 ans et + (de 2015 au 1er semestre 2018).

Des discriminations toujours présentes

L’analyse permet de conclure que plus de trois répondants sur cinq (67.4 %) pensent avoir déjà été discriminés du fait de leur séropositivité. Parmi les domaines où ont eu lieu ces épisodes discriminants, celui de la santé est majoritairement évoqué (60%). Les dentistes sont toujours les spécialistes les plus souvent cités (45% des spécialités évoquées) bien que toutes les catégories médicales soient mises en cause. Parallèlement, près d'un répondant sur deux estime avoir été victime de discrimination dans la sphère privée et un tiers dans le cadre professionnel.

Peu d’effet de la charge virale indétectable

Fait récent ; plus de la moitié des participants (54,6%) affirment qu’ils n’ont pas constaté de diminution particulière des situations de rejet depuis que l’on sait qu’une personne avec une charge virale indétectable ne transmet pas le VIH et 21,7% ne souhaitent pas se prononcer sur cette question. Cela montre la nécessité de communiquer à plus large échelle sur l’impossibilité de transmettre le VIH dans cette situation.

Le stigmate, frein à la prévention

Quel que soit le contexte où elles ont eu lieu, la plupart des discriminations rapportées datent d’un an ou moins (64,6%) ; ce qui souligne la persistance du stigmate lié au VIH. Malgré ces constats seules 9 répondants ont entrepris une démarche en justice pour obtenir réparation et six l’envisagent. Enfin, 48% des participants rapportent une discrimination pour d’autres motifs que la séropositivité (orientation sexuelle, origine ethnique, etc.). En France comme ailleurs en 2019, la persistance voire l’augmentation des discriminations à l’encontre des personnes vivant avec le VIH demeurent un frein à la prévention et à la prise en charge en favorisant l’adoption de comportements à risques d’une part et l’absence de dépistage d’autre part.

Enquête sur les discrimination
à l'encontre des PVVIH (2019)

SIS-Observatoire

L’Observatoire de SIS-Association contribue à l’information sur l’état de santé et les besoins des populations en matière de santé sexuelle par ses rapports, ses études et ses notes de synthèse qu'il réalise via la collecte de données anonymes auprès des utilisateurs des différents services.