Le HPV, c’est quoi ?

Les papillomavirus humains, aussi appelés Human PapillomaVirus (HPV), regroupent plus de 200 types de HPV, dont environ 40 peuvent infecter les organes génitaux des hommes et des femmes. Les autres types de Papillomavirus infectent la peau et sont responsables de verrues cutanées (exemple verrues plantaires). Les HPV spécifiques de la peau ne contaminent jamais la sphère génitale.

Les HPV qui infectent les organes génitaux sont de 2 types. Certains peuvent être à l’origine de lésions pré-cancereuses et de cancers. D’autres sont tout à fait bénins.

On distingue deux types de lésions :

  • Les condylomes "acuminés" ou "crêtes de coq" qui sont de petites excroissances, bénignes. Chez l'homme, elles se trouvent au niveau de la verge et de l'anus. Chez la femme, on les voit au niveau de la vulve, du vagin et de l'anus ;
  • Les condylomes "plans" ou lésions précancéreuses ou cancéreuses. Ils se situent chez la femme au niveau du col de l'utérus et dans le vagin ; chez l'homme sur le gland et l'orifice urinaire. Pour les deux sexes,  ils peuvent aussi se situer au niveau anal. Ils sont invisibles à l’œil nu, d’où la nécessité d’un dépistage systématique par le frottis du col de l’utérus et par un examen fait par un spécialiste pour les autres localisations.

Environ 70 % à 80 % des personnes sexuellement actives (sans distinction, de genre ou d’orientation sexuelle) ont ou vont contracter un papillomavirus. Moins de 20 % à 40 % est activement porteuse du virus. La guérison se fait de façon spontanée : 70 % des personnes infectées guérissent en 12 mois et 90 % en 24 mois.

Le HPV peut aussi rester au niveau des muqueuses génitales longtemps après la contamination.

  • Un HPV ayant un pouvoir oncogène peut provoquer des lésions pré cancéreuses ou cancéreuses plus de 10 ans après la contamination.
  • Avec un HPV non cancérigène, des condylomes (crêtes de coq….) peuvent apparaitre après des périodes moins longues ( 3 semaines à plusieurs années).

Il est donc fort probable que la contamination ne soit pas du tout récente.

Transmission

La transmission des virus HPV peut se faire par contact direct avec des lésions. Elle a lieu essentiellement au cours des rapports sexuels, en général lors des premières relations sexuelles.

Le risque de contamination sur un seul contact sexuel est de l’ordre de 60 à 70 %.

Les papillomavirus peuvent se transmettre par les attouchements, même lors d’un rapport sans pénétration.

Les rapports bucco-génitaux (fellation, cunilingus) ou bucco-anaux (anulingus) peuvent véhiculer le virus.

Les préservatifs diminuent mais n’annulent pas le risque de transmission.

Symptômes

Les virus HPV peuvent rester très longtemps silencieux. L’apparition des symptômes ne veut donc pas forcément dire que la contamination est récente.

Les infections latentes asymptomatiques sont 100 fois plus fréquentes que les condylomes visibles. Il en va de même des localisations isolées du canal anal, dont le mode de transmission serait le plus souvent lié à des pratiques de pénétration anale.

Lorsqu’elles sont présentes, les manifestations sont non spécifiques : prurit (démangeaisons), excroissances, saignements et ne se rencontrent que dans la forme exophytique (une lésion est dite exophytique lorsqu’elle apparaît vers l’extérieur. Le contraire est endophytique).

Les condylomes se présentent sous la forme de :

  • condylomes végétants (acuminés ou végétations vénériennes ou crêtes de coq) uniques ou multiples, rosés ou grisâtres, plus ou moins pédiculées, localisés ou disséminés
  • papules multiples, rosées ou métachromes, à surface lisse, isolées ou en nappe
  • condylomes plans parfois difficiles à mettre en évidence.

Le risque majeur des condylomes est la dégénérescence en cancer. Mais la plupart des infections à HPV ne deviennent pas cancéreuses.

Les souches à fort potentiel oncogène sont associées au cancer :

  • du col de l’utérus,
  • de la vulve,
  • de l’anus (80 à 100 % des cancers épidermoïdes de l’anus),
  • du pénis, plus rarement,
  • de la sphère ORL.
Dépistage

Pour les HPV non oncogènes il n’existe aucun dépistage. La recherche des condylomes (verrues génitales ou crêtes de coq) provoqués par les HPV non oncogènes se fait lors d'un examen par un-e médecin au niveau anal et génital chez la femme et l’homme.

Pour les HPV oncogènes (condylomes plans), on procède au dépistage des lésions cancéreuses ou pré cancéreuses du col de l’utérus chez les femmes âgées de plus de 30 ans et au dépistage du cancer anal chez les personnes pratiquant les pénétrations anales.

Le dépistage se fait par :

  • Examen cytologique sur un frottis cervico vaginal (FCV) ou cervico-utérin (FCU) à la recherche d’anomalies cellulaires pouvant évoquer la présence d’une lésion précancéreuse ou d’un cancer
  • Test HPV  (typage viral) afin de détecter la présence des HPV oncogènes.
Traitement
Le traitement vise à faire disparaitre les lésions visibles. Une éradication virale est illusoire. Aucun traitement ne possède d’avantages marquants sur les autres. La méthode utilisée dépend de la localisation et du type lésionnel. Une place importante doit être faite aux traitements auto-appliqués. Les condylomes peuvent être soignés grâce à des crèmes, brûlés à l’azote, au laser, ou par extraction locale. Souvent le traitement est réalisé pour des raisons esthétiques, car ces condylomes ne présentent pas de risque de cancer.  Pour les verrues, le traitement sera local ou chirurgical. Le suivi peut être nécessaire ou pas en fonction du nombre de condylomes à traiter. La périodicité des suivis est fixée par le dermatologue. Les condylomes végétants récidivent souvent. Une lésion précancéreuse nécessite des examens complémentaires : colposcopie et biopsies si néessaire. Le suivi se fait par des spécialistes Les condylomes plans seront traités chirurgicalement. En cas de lésions cancéreuses ou pré cancéreuses, la prise en charge est du ressort du gynécologue pour les lésions du col de l’utérus, de l’ORL pour la localisation oro-pharyngée ou du protologue pour la localisation anale.
Prévention et vaccination

Préservatif

Le port du préservatif est recommandé y compris pour la fellation. Cependant, comme le HPV peut se transmettre par les attouchements, les préservatifs diminuent mais n’annulent pas le risque de transmission.

Vaccination

La vaccination est recommandée pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 9 et 19 ans révolus et en rattrapage jusqu’à 23 ans.

Les recommandations se sont étendues aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HsH) jusqu’à l’âge de 26 ans dans les centres de dépistage CeGIDD et dans les centres de vaccination, sur prescription.

Cervarix®, Gardasil® ou Gardasil 9® : toute vaccination commencée avec l'un de ces vaccins doit être menée à son terme avec le même vaccin.

Gardasil 9® est amené à remplacer les deux autres vaccins car il offre une protection plus large contre les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. Il ne contient aucun germe vivant.

Il est indiqué pour la prévention des :

  • lésions précancéreuses et cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus
  • verrues génitales (condylomes acuminés) dues à des types d’HPV spécifiques.

La vaccination ne se substitue pas au dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin, y compris chez les femmes vaccinées.

La vaccination est d’autant plus efficace que les personnes n’ont pas encore été exposées au risque d’infection par le HPV.