La donovanose, c’est quoi ?

La donovanose (granulome inguinal ou granulome vénérien) est due à une bactérie, la Klebsiella granulomatis (ou Calymmatobacterium granulomatis).

Cette maladie rare sévit surtout en Inde et Asie du Sud-Est, au Brésil, en Afrique du Sud et en Australie centrale. On la retrouve aussi régulièrement en Guyane française et dans les Caraïbes.

Environ 100 cas sont signalés par an aux Etats-Unis, principalement chez des personnes revenant de régions où la maladie est courante. En Europe, 19 cas ont été détectés au Royaume Uni en 2016, 30 en 2019, avant de connaître une baisse en 2020, probablement grâce aux confinements, et de regagner du terrain en 2021.

Les cas survenant au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis sont donc généralement dus à des relations sexuelles non protégées (génitale, anale et plus rarement orale) dans des endroits où se trouve Klebsiella granulomatis.

La maladie est plus fréquente chez l’homme que chez la femme : 2 hommes pour 1 femme.

Source : Société Française de Dermatologie

Symptômes

Symptômes

De petits nodules indolores apparaissent environ 10 à 40 jours au point d’inoculation après le contact avec la bactérie. Plus tard, les nodules éclatent, aboutissant à la création d’ulcérations ouvertes et suintantes.

Les ulcères génitaux ne sont pas douloureux, et peuvent se confondre avec ceux de la syphilis.

Au cours de son évolution terminale, l’infection se propage, mutilant les tissus infectés et aboutissant à la destruction des tissus internes et externes, avec écoulement de mucus et de sang. En l’absence de traitement l’infection continue à détruire les tissus.

Le caractère destructeur de la donovanose augmente le risque de surinfection par d’autres microbes pathogènes.

Chez l'homme, les localisations sont principalement génitales, exceptionnellement anales (chez les HsH) ou inguinales, raisons pour lesquelles mieux il vaut privilégier le terme de donovanose que celui de granulome inguinal.

Chez la femme, les localisations sont le plus souvent vulvaires ou périnéales, plus rarement anales, inguinales, vaginales ou cervicales.

Sans traitement antibiotique, l’infection bactérienne peut s’étendre localement et entrainer parfois des septicémies.

Comme toutes les IST, la donovanose augmente le risque de contamination par le VIH.

Il existe également, en cas d’immunodépression profonde, un risque de  surinfection par d’autres germes et de destruction de tissu plus étendues.

Transmission

La transmission sexuelle peut avoir lieu en cas de contact avec les plaies ouvertes au cours de rapports sexuels oraux, vaginaux ou anaux.

Toute personne ayant eu un contact sexuel avec le patient source dans les 40 jours avant l’apparition des lésions cliniques doit être traitée.

Le seul mode de prévention actuel reste le préservatif.

Dépistage et traitement

Le diagnostic clinique peut être posé par des médecins expérimentés à la simple vue des ulcères (lésions).

Il peut aussi se faire lors d'analyses avec une mise en évidence au microscope des "corps de Donovan" dans le frottis d’une ulcération génitale ou périnéale.

Le traitement par antibiotique doit être pris pendant 21 jours ou jusqu'à guérison selon le médicament prescrit.

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