La LGV, c’est quoi ?

La LGV ou maladie de Nicolas-Favre est due à une bactérie de la famille des Chlamydiae.

Maladie tropicale, endémique dans certaines régions d’Afrique, en Amérique centrale et du Sud, et dans les Caraïbes, l’infection à Lymphogranuloma venerum a fait son apparition dans les backrooms hollandaises en avril 2003 puis s’est répandue dans le reste de l’Europe.

Dépistage/diagnostic

La LGV n’a pas de symptomatologie spécifique. La phase primaire peut passer pour une syphilis, un herpès débutant, un chancre mou, ou une gonococcie en particulier en cas d’écoulement anal purulent.

La phase secondaire peut évoquer d’autres maladies non vénériennes, comme la maladie des griffes du chat ou des amibes.

Pour le diagnostic de la LGV la recherche de Chlamydia trachomatis par PCR est primordiale.

Les prélèvements se font :

  • par écouvillonnage (en frottant la lésion ou le pus à l’aide d’une sorte de “coton tige”), des lésions péri-anales (chancre),
  • sous anuscopie ou sous rectoscopie lorsqu’il existe une anorectite (inflammation de l’anus et du rectum),
  • ou par ponction (ganglion).

 Transmission 

La transmission de la LGV ou maladie de Nicolas-Favre peut se produire :

  • lors des rapports sexuels de pénétration non protégée vaginale ou anale,
  • par la pratique du “fist-fucking” (pénétration de l’anus avec le poing).

 Symptômes

Le délai d’incubation varie de 2 à 60 jours, en moyenne 20-25 jours.

La LGV évolue classiquement en 3 phases :

Phase primaire

A l’issue de l’incubation, apparaît une lésion de type papule (bouton surélevé) ou vésicule (comme une lésion élémentaire d’herpès, donc avec du liquide dedans), qui va secondairement s’ulcérer (donc faire un trou).

Cette lésion est indolore et transitoire.
Elle passe presque toujours inaperçue.
Sa localisation est souvent profonde (col de l’utérus, urètre, rectum).
Elle peut être confondue avec la syphilis (ulcérations plus grosses).

Phase secondaire

Elle est précoce et apparaît 1 à 2 semaines après l’apparition de la 1ère lésion.

Elle comporte des adénopathies – gros ganglions douloureux – habituellement multiples (différence avec la syphilis, où il y a souvent un seul ganglion).
Ces ganglions évoluent vers la fistulisation à la peau (perforations par lesquels va s’écouler le pus vers l’extérieur).
Particularité : un ganglion va généralement produire plusieurs fistules, d’où l’aspect classique en « pomme d’arrosoir ».

La phase secondaire de la LGV peut également provoquer une anorectite aigüe (inflammation du rectum et de l’anus) caractérisée par :

  • des douleurs rectales,
  • une contracture douloureuse du rectum avec sensation de brûlure, envie constante d’aller à la selle,
  • un écoulement purulent plus ou moins hémorragique.

Phase tertiaire

En l’absence de traitement, l’infection peut devenir chronique avec apparition d’un rétrécissement du rectum et de fistules périnéales. L’aspect peut prendre, à cette phase, la forme de tumeurs trompeuses pouvant faire croire à un cancer.

Dans certains cas il n’y a pas de symptômes particuliers.

Complications

Elles sont devenues rares : les patients sont plus sensibilisés aux IST et les traitements antibiotiques sont efficaces.

Devant une suspicion de LGV, il faut proposer un dépistage des autres IST : VIH, syphilis, hépatite B, gonococcie.

Traitement

Le traitement habituel de la LGV est l’antibiotique doxycycline, pris par voie orale pendant 3 à 4 semaines (Parfois, chirurgie pour des complications locales).

Le traitement est plus long que pour les chlamydioses.

Les patients doivent normalement être suivis jusqu’à l’obtention d’un résultat de test négatif de contrôle par PCR environ 3 à 4 semaines après la fin du traitement et leur rétablissement clinique.

Tant que la maladie est active, le malade est contaminant. La personne n’est plus contaminante lorsque le résultat du test de contrôle devient négatif environ 3 à 4 semaines après la fin du traitement et quand il n’a plus de symptômes.

Les partenaires ayant eu des contacts dans les 60 jours qui ont précédé le début des manifestations cliniques, même en l’absence de symptômes, doivent également être dépistés et traités.