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Sexe sur catalogue

9/08/2013
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Quand un film, un livre, une pièce de théâtre... parle de prévention, de prise de risque, de sexualité(s), de milieu carcéral, autant de thèmes sur lesquels Sida Info Service travaille, nous avons souvent envie de réagir. La rubrique "SIS Culture" est là pour vous faire partager notre perception d’une œuvre.

Aujourd’hui, Sexe 2013, Les Inrockuptibles, N° 921-923, du 24 juillet au 13 août 2013

***

Un peu à la manière du beaujolais nouveau, l’hebdo culturel Les Inrockuptibles vient nous livrer, comme chaque année, son dernier millésime sobrement titré « Sexe 2013 », dans son numéro double d’été.

A la fois catalogue des nouveautés et bilan de la santé sexuelle de nos contemporains hexagonaux, c’est un joyeux et disparate inventaire des tendances, pratiques, fantasmes et accessoires des sexualités, qu’elles soient hétéro, homo, bi, virtuelles ou professionnelles.

Qu’on en juge au fil des pages du magazine qui, après un édito politique rageusement imagé, nous propose de ramasser quelques pépites sur le chemin de la connaissance sexuelle, et nous fait ainsi ricocher d’une interrogation sur les risques professionnels des acteurs/trices du X (faut-il rendre obligatoire l’usage des préservatifs sur les tournages ?) aux récents succès d’édition en matière de BD et romans érotiques comme Cinquante nuances de Grey.

Dans l’intervalle, des portraits (la sex-star du Net Stoya, la féministe Lena Dunham, le cinéaste Jack Tyler, une religieuse devenue prostituée, Eugénie Guillou, une star du X suicidée, Savannah), des portfolios, une interview décalée, un psychotest pour connaître sa « nationalité sexuelle », et des thèmes ou dossiers plus développés, stimulant curiosité ou réflexion. Au fil de la lecture, on note ainsi des focus sur :

- les nouvelles revues érotiques : destinées aux hommes comme aux femmes, diversifiées, frontales ou détournées, souvent politisées, toujours « artistiques », elles favorisent visibilité et ouverture de communautés qu’on pense - à tort - repliées sur elles-mêmes.

- le phantasme de la prostitution : « Belle de jour » ou « Jeune et jolie », le cinéma comme la littérature nous ont déjà lancé sur la piste d’actes sexuels tarifés stimulant imagination et libido, où l’argent, qui est aussi une matérialisation du pouvoir, apparaît comme un aphrodisiaque puissant.

- la macrophilie : fétichisation du gigantisme, elle met en scène le phantasme de partenaires surdimensionnés*.

- Sexe explicite et cinéma français : de « Romance » au prochain « La vie d’Adèle », comment le cinéma « traditionnel » (celui qui échappe à la classification X) fait des prouesses pour simuler ce qu’il prétend montrer.

- la drague homo de plein air : avec l’essor de nouveaux médias (Internet, smartphones), à l’heure du succès en salle de « L’Inconnu du lac » d’Alain Guiraudie, enquête et témoignages sur des pratiques dont la permanence ne semble pas marquer le pas.

- les représentations du sexe : l’industrie du X diversifie son offre, entre parodie du cinéma traditionnel, expérimentation littéraire, humour débridé et romantisation de la sexualité, quand la toile expérimente l’« autopornographie », et les machines à sexe.

A tout cela, enfin, s’ajoutent une fiche conseil sur les usages des sextoys, et quelques brèves humides pour faire bonne mesure.

On l’aura compris, ce numéro nous fournit de la matière quant à notre réflexion sur les formes que prennent nos imaginaires sexuels et notre insatiable appétit de sensation. Dépourvus des embarras associés à la sexualité (la violence, l’abus), les thèmes et sujets compulsés permettent d’ouvrir les débats et invitent - comme à chaque fois qu’il est question de sexualité et de désir - au retour sur soi. Le caractère très affranchi des textes comme des photos, l’humour un peu distancé - sans toutefois être ricanant - des rédacteurs/rédactrices sont autant d’atout pour que le/la lecteur/lectrice trouve sa place : acteur/trice, témoin ou simple curieux/se de notre toujours difficile quête de sens.

Thierry Robillard pour Sida Info Service

*que met en scène, par exemple, Pedro Almodovar dans la scène en noir et blanc du film « Parle avec elle », où le personnage masculin s’imagine lilliputien cheminant sur le corps gigantesque de sa partenaire comme sur un paysage vallonné

 
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