PrEP : des résultats intéressants sur la santé mentale

Une étude démontre que certains indicateurs de détresse mentale ont considérablement diminué chez des hommes utilisateurs de la PrEP.

C’est le résultat d’une nouvelle étude néerlandaise. Les patients du plus grand centre de santé sexuelle d’Amsterdam ont été sondés dans le cadre de l’étude AmPrEP, dans laquelle des chercheurs souhaitaient évaluer l’impact du programme de prévention du VIH.

Les recherches ont conclu que, malgré un taux d’anxiété et de dépression égal chez les HSH et les femmes trans, l’usage de drogues et l’addiction sexuelle ont baissé de façon significative chez les utilisateurs de la PrEP. Les résultats doivent cependant être nuancés, car aucune baisse de consommation d’alcool, de MDMA ou de poppers n’a été observée.

Les experts en santé sexuelle ont accueilli favorablement les résultats de l’étude, qui s’ajoutent à un corpus de recherche toujours croissant, liant la prise de PrEP à une amélioration de la santé mentale.

Via des questionnaires, les chercheurs ont interrogé les participants sur leurs niveaux de dépression et d’anxiété, sur la mesure dans laquelle leur consommation d’alcool et d’autres drogues était perçue comme problématique et sur leurs comportements sexuels (pour mesurer la dépendance). Les participants ont également rendu compte de leur anxiété liée au VIH, le tout sur deux ans.

Des résultats nuancés

 

L’échantillon comportait environ 20 % des participants ayant un trouble dépressif ou anxieux, soit le double de celui de la population néerlandaise en général. À la fin de l’étude, ce nombre n’avait diminué que de 2%. Toutefois les angoisses et les peurs spécifiquement liées au VIH ont diminué.

Alors que les chiffres sont restés stables tout au long de l’étude pour la consommation problématique d’alcool, des baisses drastiques ont été observées pour les comportements sexuels compulsifs ainsi que pour la consommation de drogues.

Le nombre de personnes évaluées comme ayant une dépendance sexuelle est passé de 23% avant l’étude à seulement 10% à la fin. La consommation problématique de drogues est passée, elle de 38% à 31%.

Baisse globale des problèmes de santé mentale

 

Plus globalement, les chercheurs ont pu observer une baisse de 12% de la proportion de personnes signalant un ou plusieurs des quatre problèmes (anxiété, dépression, alcoolisme, dépendance sexuelle) passant de 64% à 52% des patients en fin d’étude.

Les chercheurs ont souligné que les résultats de l’étude ne montraient pas spécifiquement que la seule prise de PrEP avait entraîné des améliorations en matière de santé mentale. Les entretiens réguliers et la participation à l’étude elle-même sont également des facteurs qui contribuent à la diminution des troubles selon eux.