Le TPE, vous connaissez ?

un panneau de signalisation et un phare

Que faire lorsque la capote a craqué ou qu’on l’a oubliée ? Que faire si votre partenaire ne l’a pas mise ou l’a enlevée pendant la pénétration ?

Au plus tard dans les 48 heures suivant un risque, vous pouvez vous rendre aux Urgences des hôpitaux ou bien dans des Centres de Dépistage (CEGIDD), pour demander si le TPE (traitement post-exposition) est indiqué dans votre situation. L’objectif de ce traitement est d’empêcher la contamination par le VIH si vous y avez été exposé. Le TPE est d’autant plus efficace qu’il est pris tôt, idéalement au cours des 1ères heures. Il n’est plus efficaceau-delà de 48 heures.

Le TPE est peu connu. Souvent les personnes qui nous contactent après avoir pris un risque ne le connaissent pas ou ne savent pas si elles peuvent en bénéficier. Et elles se heurtent parfois à des difficultés pour y accéder. Lorsqu’une personne est mise sous TPE, elle est souvent seule face à un traitement qui doit durer 28 jours. En effet, on constate que les services hospitaliers ne peuvent pas toujours accompagner dans la durée un traitement qui est loin d’être anodin.

L’Observatoire de Sida Info Service a noté des dysfonctionnements dans la prise en charge mais également pendant le suivi de ces personnes. Ces problèmes restent heureusement rares : sur 2760 sollicitations concernant le TPE en 2020, 31 situations font état de difficultés rencontrées lors de l’accès au traitement ou de son suivi. Le plus souvent, il s’agit d’un TPE qui a été commencé mais qui ne peut pas être poursuivi parce qu’il est impossible d’avoir un rendez-vous avec un service chargé du suivi. Parfois aussi le TPE est délivré, mais sans aucun suivi médical ni biologique. Ou bien il est délivré uniquement pour quelques jours, ou juste pour une prise.

Un appelant d'Outre-Mer nous dit ainsi : « J'ai pris un risque hier après une soirée alcoolisée, j'ai eu un rapport pas protégé avec une fille que je ne connais pas. Alors j'ai filé aux urgences. Là on m'a donné de l'Eviplera, 3 comprimés, qu'on m'a demandé de prendre d'un coup et que ce serait bon. Quand j'ai dit que j'étais étonné le médecin m'a dit que j'allais pas lui apprendre son métier ».

D’autres personnes font état d’un refus de prise en charge pur et simple alors qu’elles ont été exposées à un risque réel de transmission du VIH ; ou bien d’une réorientation erronée, vers un CEGIDD fermé par exemple. Or, dans ces situations, toute perte de temps constitue une perte de chance pour les patient-es :« Je suis allé aux Urgences de M. pour un TPE, comme ils n'avaient personne pour me prélever et personne pour me donner le traitement ils m'ont dit de repartir ! ».

Enfin, dans d’autres cas, des personnes peuvent se heurter à des préjugés homophobes ou transphobes, ou bien à des refus de prescription non justifiées. Par exemple un homme nous a expliqué qu’il s’était rendu aux urgences d’un hôpital parisien dans la nuit aux alentours de 3/4 h du matin suite à une rupture de préservatif lors d’une pénétration anale réceptive. Il a obtenu les 5 cachets pour le kit de départ, mais sans se voir expliquer qu’il devait par la suite obtenir le reste du traitement pour 28 jours au total. De plus, le médecin a tenu des propos déplacés sur son homosexualité : « vous les homos vous y allez comme des brutes » et l’a humilié en annonçant son problème publiquement devant les autres patients.

A noter que le TPE est indiqué dans des situations précises : des pénétrations anales ou vaginales avec un-e partenaire ayant le VIH et une charge virale supérieure à 50 copies, ou avec un partenaire dont le statut VIH est inconnu et appartenant à un groupe à prévalence élevée pour le VIH.

Le TPE est parfois prescrit par erreur, par exemple si un homme a reçu une fellation, ou bien parce qu’une personne a partagé une cigarette avec quelqu’un, ou après un simple baiser. Nous rappelons que ces situations ne présentent aucun risque de transmission du VIH.

Si vous venez d'être exposé à un risque de transmission du VIH ou en cas de souci avec le TPE, n'hésitez pas à nous solliciter. Sida Info Service accompagne depuis de nombreuses années toutes celles et tous ceux qui se retrouvent dans des situations où le TPE peut s’avérer nécessaire.